Rien de tel qu’un bon civet de sanglier pour réchauffer les cœurs et les papilles lors d’un repas convivial. Ce plat mijoté traditionnel, typique de nos régions, transforme la viande de gibier en une symphonie de saveurs profondes grâce à une marinade généreuse au vin rouge et une cuisson tout en douceur. Le secret ? Du temps, de bons ingrédients et beaucoup d’amour. Le résultat : des morceaux de viande fondants, une sauce riche et parfumée qui embaume toute la maison. Préparez-vous à impressionner votre tablée avec ce grand classique de la cuisine française, parfait pour les dimanches d’automne ou les soirées d’hiver entre amis.
Temps de préparation : 30 minutes
Temps de cuisson : 2h30 à 3h
Nombre de portions : 6 à 8 personnes
(Marinade à prévoir 12 à 48h à l’avance)
Ingrédients
Pour réussir un civet de sanglier digne de ce nom, la qualité des ingrédients fait toute la différence. Voici ce dont vous aurez besoin pour régaler 6 à 8 convives :
La viande
- 1,5 à 2 kg de sanglier en morceaux (épaule, collier ou cuisse)
L’épaule offre tendreté et saveur, le collier apporte du fondant, tandis que la cuisse se prête parfaitement au mijotage. Évitez les morceaux trop maigres qui risqueraient de sécher pendant la cuisson.
Pour la marinade
- 1 bouteille de vin rouge corsé (Cahors, Côtes-du-Rhône, Bordeaux ou Bourgogne)
- 1 cuillère à soupe de vinaigre de vin (optionnel mais renforce le goût)
- 4 à 5 oignons émincés
- 6 à 8 carottes en rondelles
- 2 branches de céleri en tronçons
- 1 poireau émincé (facultatif)
- 3 à 4 gousses d’ail écrasées
- 5 à 6 baies de genièvre
- 4 clous de girofle
- 3 feuilles de laurier
- 1 brin de romarin
- 6 feuilles de sauge ou un peu de thym
- 5 brins de persil
- 1 bouquet garni
Pour la cuisson
- 2 cuillères à soupe de farine
- 30 g de beurre
- 1 filet d’huile d’olive
- 50 cl de bouillon de volaille
- 5 cl de cognac (optionnel, pour déglacer)
- 200 g de champignons de Paris émincés
- 100 g de lardons fumés (optionnel)
- Sel et poivre du moulin
Préparation
La réussite d’un civet de sanglier repose sur deux étapes clés : une marinade patiente et une cuisson douce et prolongée. Voici comment procéder étape par étape.
La marinade (1 ou 2 jours avant le repas)
Cette étape est vraiment indispensable. C’est elle qui va attendrir la viande et lui donner toute sa profondeur aromatique. Dans un grand saladier ou un récipient bien profond, déposez les morceaux de sanglier. Ajoutez ensuite tous les légumes coupés : oignons, carottes, céleri, poireau et ail. Parsemez les herbes aromatiques, les baies de genièvre, les clous de girofle et glissez le bouquet garni au milieu.
Versez ensuite le vin rouge et le vinaigre jusqu’à ce que la viande soit entièrement recouverte. Mélangez bien le tout avec une cuillère en bois, couvrez le récipient avec un film alimentaire ou un couvercle, puis placez au réfrigérateur. Laissez mariner entre 12 et 48 heures. Plus la marinade est longue, plus les saveurs seront intenses. Pensez à remuer de temps en temps pour que tous les morceaux s’imprègnent uniformément.
La cuisson (le jour J)
Sortez votre récipient du frigo et égouttez soigneusement la viande et les légumes. Gardez précieusement la marinade, elle servira pour la cuisson. Séchez les morceaux de viande avec du papier absorbant pour qu’ils dorent bien.
Dans une grande cocotte en fonte, faites chauffer l’huile d’olive et le beurre à feu vif. Déposez les morceaux de sanglier et faites-les revenir sur toutes les faces pendant environ 5 minutes. Vous voulez obtenir une belle coloration dorée qui scellera les sucs de la viande. Une fois bien saisis, retirez les morceaux et réservez-les dans une assiette.
Dans la même cocotte, faites revenir les légumes de la marinade pendant 5 minutes en remuant régulièrement. Remettez ensuite la viande dans la cocotte. Saupoudrez le tout de farine et mélangez bien pour que chaque morceau soit enrobé. Cette étape permet d’épaissir la sauce.
Si vous utilisez du cognac, c’est le moment de déglacer : versez-le dans la cocotte et grattez bien le fond avec une cuillère en bois pour décoller tous les sucs caramélisés. Laissez l’alcool s’évaporer quelques instants.
Versez maintenant la marinade filtrée et ajoutez le bouillon de volaille. Salez et poivrez généreusement. Portez à ébullition, puis baissez le feu au minimum. Couvrez la cocotte et laissez mijoter doucement pendant 2h30 à 3h. Remuez de temps en temps et vérifiez que la viande reste toujours immergée dans le liquide.
La touche finale
Une vingtaine de minutes avant la fin de la cuisson, ajoutez les champignons émincés et les lardons fumés si vous en utilisez. Laissez mijoter encore 15 à 20 minutes. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si nécessaire.
Si vous trouvez que votre sauce manque un peu d’épaisseur, vous avez deux options : soit vous la laissez réduire à découvert pendant une quinzaine de minutes, soit vous préparez un petit roux en mélangeant une cuillère à soupe de farine avec un peu d’eau tiède que vous incorporez délicatement à la sauce.
Le secret du chef
Voici mon meilleur conseil : préparez votre civet la veille et réchauffez-le doucement le jour du repas. Les saveurs auront eu le temps de se marier et le plat sera encore meilleur. Laissez-le reposer 12 à 24 heures au réfrigérateur, puis réchauffez à feu doux en ajoutant un peu d’eau ou de bouillon si la sauce a trop réduit.
Servez ce civet fumant avec un bon gratin dauphinois, une purée maison bien crémeuse, des pommes de terre vapeur ou des pâtes fraîches. Accompagnez d’un vin rouge puissant, idéalement le même que celui utilisé pour la marinade.

Quelle est la différence entre la daube et le civet ?
Vous vous demandez peut-être quelle est vraiment la différence entre ces deux plats mijotés qui se ressemblent tant ? C’est une excellente question, car la frontière peut sembler floue.
La daube est une préparation traditionnelle provençale qui se prépare généralement avec du bœuf, parfois de l’agneau. La viande marine dans du vin rouge avec des aromates, puis cuit longuement dans une daubière (d’où son nom). La particularité de la daube, c’est qu’on y ajoute souvent des olives noires, des tomates, des zestes d’orange et des herbes de Provence. Le résultat est un plat méditerranéen, ensoleillé et parfumé.
Le civet, lui, est spécifiquement préparé avec du gibier : lièvre, sanglier, chevreuil ou cerf. Son nom vient du mot “cive”, l’ancien nom de la ciboule (petits oignons). Traditionnellement, la sauce d’un civet est liée en fin de cuisson avec le sang de l’animal, ce qui lui donne cette texture veloutée et cette couleur sombre caractéristique. Dans les versions modernes et plus accessibles, on utilise simplement de la farine ou on fait réduire la sauce.
Les aromates du civet sont aussi différents : on privilégie les baies de genièvre, le thym, le laurier et parfois la sauge, qui s’accordent parfaitement avec le goût prononcé du gibier. La daube reste plus légère en goût, tandis que le civet assume pleinement son caractère rustique et puissant.
En résumé : la daube, c’est le Sud et le bœuf. Le civet, c’est la chasse et le gibier. Les deux sont des merveilles de notre patrimoine culinaire, mais ils racontent des histoires différentes.
Comment faire pour que la viande de sanglier soit tendre ?
Le sanglier a parfois la réputation d’être une viande coriace ou trop forte en goût. Mais avec les bonnes techniques, vous obtiendrez une viande fondante et délicieuse. Voici tous mes secrets.
La marinade est votre meilleure alliée
Ne négligez jamais cette étape. Le vin rouge et le vinaigre contiennent des acides naturels qui vont attendrir les fibres de la viande. Les aromates, eux, vont pénétrer en profondeur et adoucir le goût parfois prononcé du gibier. Comptez au minimum 12 heures de marinade, mais idéalement 24 à 48 heures pour un résultat optimal. Plus vous marinez longtemps, plus la viande sera tendre et parfumée.
Choisissez les bons morceaux
Tous les morceaux ne se valent pas pour un civet. Privilégiez l’épaule, le collier ou la cuisse : ce sont des morceaux un peu gras, riches en collagène, qui se transforment en gélatine pendant la cuisson lente. Évitez les morceaux maigres comme le filet qui risquent de sécher. Si votre boucher vous propose du sanglier d’élevage plutôt que sauvage, n’hésitez pas : la viande sera naturellement plus tendre et moins forte en goût.
La cuisson lente est la clé
Jamais de précipitation avec le gibier. Après avoir saisi la viande à feu vif pour développer les saveurs, baissez le feu au minimum et laissez mijoter doucement pendant au moins 2h30, voire 3h. La température doit rester constante et douce. La cocotte doit à peine frémir. Cette cuisson lente permet au collagène de fondre progressivement, transformant la viande en morceaux ultra-tendres qui se défont presque à la fourchette.
La température compte
Ne faites jamais bouillir votre civet à gros bouillons. Une ébullition trop forte va durcir les protéines et rendre la viande caoutchouteuse. Vous voulez voir de petites bulles qui remontent délicatement à la surface, pas plus. Si nécessaire, utilisez un diffuseur de chaleur sous votre cocotte pour encore mieux maîtriser la température.
Le repos après cuisson
Comme je vous le disais plus haut, laissez reposer votre civet au moins 12 heures après cuisson. Pendant ce temps de repos, les fibres de la viande vont se détendre et réabsorber une partie du jus. Au réchauffage, la viande sera encore plus moelleuse qu’à la première cuisson. C’est un peu magique, mais ça fonctionne à tous les coups.
L’astuce du bouillon
Ajouter du bouillon de volaille à la marinade permet d’apporter du moelleux et de la rondeur à la sauce. Cette petite touche fait vraiment la différence sur la texture finale du plat.
Avec ces techniques, vous obtiendrez un civet dont la viande fond littéralement en bouche, sans aucune trace de sécheresse. Vos invités vous demanderont la recette, c’est garanti.
Voilà, vous avez maintenant toutes les clés en main pour réussir un civet de sanglier mémorable. Ce plat demande un peu de patience et d’anticipation, mais le résultat en vaut vraiment la chandelle. Lancez-vous, et n’hésitez pas à me raconter comment s’est passée votre expérience en cuisine. Bon appétit !

Delphine, rédactrice web passionnée de cuisine, déco et voyage, partage ses découvertes et astuces sur son blog Oh Mon Gâteau. Son objectif : inspirer avec des idées simples, chaleureuses et accessibles au quotidien.